Mes débuts, en histoire...

Mes débuts, en histoire...

Cette histoire est basée sur des faits réels, mais a été embellie

On est mardi.

J’ai terminé une journée de boulot plutôt sympathique et me mets devant une série. Je me dis que la série n’est pas mal, mais ne requiert pas non plus toute mon attention. Mon esprit se met à chercher une distraction de ma distraction. Le téléphone ! Pas de nouveaux messages. Bon. J’ouvre Instagram, Facebook... Rien de bien nouveau. Allez, un petit tour sur l’appli de rencontres !

C’est pas très intellectuel, mais ça me fait sourire de voir défiler les profils et lire les descriptions. J’ai toujours un petit coup d’adrénaline quand il y a un match. Aha ! "Bastien kiffe votre profil." (Le prénom est changé pour l'histoire.) Cool. On parle, on rigole. On décide de se voir samedi.

Samedi soir arrive et on est chez Bastien après avoir passé la journée ensemble. Il veut me montrer qu’il sait faire à manger. Vu sa cuisine impeccable, avec ses étagères d’épices variées et son kit de couteau de chefs, je me dis qu’il n'a sans doute pas menti. Puis je décide que je n’ai pas faim, que ce que je veux plus que tout, c’est qu’il m’embrasse. On s’était déjà embrassés dans le parc, mais je suis restée pudique. On vit peut-être dans la ville de l'amour, mais ce n'est pas une excuse pour se perdre dans un baiser devant tout le monde!

Mais maintenant il n’y a que lui et moi. Bastien se rend compte que ça fait quelque temps que je ne parle plus.

“Alors, on n’est plus bavarde ?” il me dit en se retournant. Il comprend que j’ai autre chose en tête. Il sourit et me prend dans ses bras. Je suis bien avec lui et je laisse la passion me remplir.

Le lendemain matin, je rentre chez moi avec un gros sourire.

Ah, la libération du sexe. Bastien a eu envie de moi, et moi de lui. Je rejoue les images dans ma tête, me remémore les sensations. Quel délice. On a utilisé une capote, bien sûr, mais je prends aussi la pilule. D’ailleurs mon téléphone me rappelle de la prendre. Tout en me versant un verre d’eau je me demande si c’est ça, la liberté sexuelle. Cette petite pilule qui me permet de choisir quand j’ai mes règles, si j’ai mes règles, et d’agir sans avoir (trop) peur de tomber enceinte. Ya pas à dire, j’ai de la chance d’être une femme moderne.

On est de nouveau mardi, mais un an plus tard.

J’ai emménagé avec Bastien. Eh oui, la petite féministe que j’étais s’est retrouvée à demander des nouvelles au “coup d’un soir”. Bah quoi, il était vraiment gentil. Et puis, il était drôle. Non, mais on va pas commencer à parler de mes désillusions sur l’amour, hein, on n’est pas là pour ça. Enfin, pas tout à fait.

On va plutôt se concentrer sur mes désillusions concernant la pilule. Cette petite perle, ma meilleure amie. Okay j’exagère un peu, disons mon amie la plus fiable. Eh bien, elle me lâche. Cette gourde décide qu’il serait drôle de me faire saigner. Un peu, beaucoup, à la folie. Je vois un médecin, il me dit que c’est bien possible que ma pilule soit en tort. En même temps, il m’indique que c’est la seule que je pourrais supporter, vu que les autres me donnent des migraines.

“Il serait peut-être temps de penser à une autre forme de contraception” me dit-il en tapant sur son clavier.

En rentrant, je ressors mes cours d’éducation sexuelle du collège. Capote, pilule, stérilet, implant, injection… Quelle contraception choisir?

Bon, déjà, non à la capote. L’idée est de pouvoir être “libre” en couple. Et puis, c'est pas très fiable, une capote. Ça n'a rien à voir avec la pilule.

Je fronce les sourcils en repensant à ma pilule. Sale traître.

Stérilet. Il y en existe deux sortes, hormonal et cuivre. C’est intéressant, c’est intéressant…

Implant. Non merci, j’ai vu une femme avec et ça m’horrifie un peu. Me connaissant je gratterais ma peau jusqu’au sang tout en criant “YA UN TRUC, J’VOUS JURE QU’IL Y A UN MACHIN!”

Injection. Instinctivement je sais que, bah, non, j’en veux pas. Non, merci. Voilà.

Retour chez le gynéco. Oui bonjour je suis de nouveau là. Oui je ne saigne plus. Oui je sais que vous vouliez que je pense à une autre forme de contraception, à votre avis, pourquoi est-ce que je suis là ? Oui alors voilà est-ce qu’on peut parler du stérilet ? Et là, malheur. Le médecin me dit que c’est pas forcément ce qu’il me faut. Enfin, qui sait, faut tester. Mais il se sent obligé de me dire que c’est pas toujours facile. Je pense à deux de mes amies proches qui m’ont parlé de leurs expériences super-méga difficiles. D’ailleurs l’une d’entre elles va se faire retirer son stérilet la semaine prochaine. Mais je pense aussi à la soeur d’une autre pote qui, elle, se porte très bien. Ya moyen de garantir que mon expérience sera comme la sienne ? Apparemment non. Il vaut mieux continuer à y réfléchir avant de prendre une décision. De toute façon, le stérilet se pose le premier jour des règles. Je ressors quand même avec une ordonnance pour le stérilet hormonal et le stérilet en cuivre. Au cas où, quoi. C’est à moi de choisir ! Stérilet ou pas stérilet, stérilet hormonal ou stérilet en cuivre... Ya pas à dire, j’ai de la chance d'avoir autant de choix !


Je pars au yoga. Ça tombe bien, parce que toutes ces discussions me font un peu flipper quand même. Comment me protéger contre une grossesse tout en me sentant bien dans mon corps ? Qu'est-ce que je dois sacrifier pour éviter "le bébé" ? La prof de yoga nous fait faire des exercices de respiration, puis des torsions. À la fin, on fait la posture du cadavre, allongées par terre les yeux fermés. Une heure est passée et je pense toujours à ma contraception. Je suis sous pilule depuis 10 ans, changer de contraception n’est pas une décision à prendre à la légère. Waow, 10 ans. C’est quand même long, 10 ans. Je pense à tout ce que j’ai fait pendant ces 10 ans. C’est chaud. Je pense au fait que j’ai pris une pilule hormonale littéralement chaque jour pendant 10 ans. Enfin, pas complètement, au début je prenais une plaque de pilules où t'avais un placebo pendant 5 jours pour avoir tes règles. Mais quand même. 10 ans….

“Ça a l’air de travailler là-dedans. Pas très zen tout ça.” J’ouvre les yeux, la prof me regarde à moitié en se marrant, à moitié en se demandant ce qui m’arrive. Je lui lance un sourire gêné du type j’y-peux-rien-si-j’ai-à-réfléchir et elle me laisse terminer la séance tranquillement.

Elle décide de venir me voir pendant que je remets mes chaussures. Je m’excuse de m’être laissée emporter par mes pensées. Dès que je prononce le mot “désolée” je sens les larmes monter. Je prie pour les faire évaporer, je ne veux pas pleurer devant ma prof de yoga ! Non, non, non, les larmes vont rester dans les yeux, allez hydrater ce corps stupide qui rejette la pilule ! Bon, c’est raté, la prof a vu les deux grosses larmes. Elle me rassure que le yoga fait ressortir des émotions. Que c’est pas grave. Que pleurer fait du bien. Je finis par lui dire mon souci.... Et elle me conseille de parler à Julie, une des filles du groupe. Paraît qu’elle utilise "un autre moyen de contraception."

Julie, c’est le talent caché du groupe de yoga. Elle peut faire toutes les poses, enchaîner chaque mouvement, alors que moi je peux à peine faire la posture du foetus. Julie est discrète. Elle ne se laisse pas approcher facilement. Mais Julie est aussi disciplinée, et si la prof de yoga lui demande de venir me parler, alors tu peux parier qu’elle viendra me parler.

Julie, c’est la femme qui m’a fait découvrir la méthode sympto-thermique.


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